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Question de Libeccio du Mercredi 08 mai 2013

Considérez vous Le Rav Yaakov Ariel comme un juif d'un « mouvement qui va disparaitre » parce qu'il nous indique qu'une femme peut porter le talith ? Vous venez de faire le sketch de trop !
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Mr Chaya,
 
Je vous trouvais sympathique quand vous faisiez vos cours de Torah qui ressemblait a des sketchs, d'où votre surnom de « Gad Elmaleh de la Torah » mais la, vous venez de faire le sketch de trop.
 
Quel homme érudit se permettrait il d'amalgamer tous les autres juifs qui ne lui ressemblent pas comme des ….. « chrétiens » ?
Quel homme Sage se permettrait-il de faire une relation entre des femmes qui portent « le talith et le mariage de lesbienne » ?
 
Considérez vous Le Rav Yaakov Ariel , rabbin orthodoxe (voir le lien) comme un juif d'un « mouvement qui va disparaitre » parce qu'il nous indique qu'une femme peut porter le talith.
 
En résumé a part vos convictions et le mouvement que vous représentez, tous les autres juifs différents de vous « ont tout simplement disparu, soit ils sont devenu des mouvements non reconnus comme représentatifs de la Torah d'Israël ».
 
Dans notre histoire juive, il y a eut déjà des dictateurs qui souhaitez la disparition des juifs parce qu'ils étaient différents d'eux…
Ne soyez pas un adepte de la « pensée unique », c'est la base même du talmud et du judaïsme de condamner cela.
 
Respectez les juifs qui ne pensent pas comme vous si vous souhaitez être respectable !

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Chalom,

Ce n'est hélas hélas pas un sketch, mais un vrai cri du cœur.

Vraiment, croyez-moi, je suis très très occupé et si je prends de mon temps qui est tellement précieux pour donner des réponses aussi longues, c'est qu'il y a vraiment ici plus que le théâtre d'une mauvaise pièce, mais un vrai enjeu sincère que je suis convaincu que vous comprendrez.
 
Nous ne sommes que 13 millions de juifs, rescapés d'un exil terrible qui a duré prés de 2000 ans.
D'après des historiens, il y a 2000 ans nous représentions 8% de la population mondiale, c'est-à-dire que proportionnellement, nous aurions dû aujourd'hui être 560 millions et nous ne sommes que 13 millions.
 
Où sont passés les 547 millions manquants ?
Bien sûr, beaucoup se sont fait massacrer, mais combien étaient-ils ?
La Shoa : 6 millions ; admettons 100 millions si on considère la descendance qu'ils auraient pu avoir et qu'ils n'ont pas eue (et à mon avis, il est clair que 100 millions est une exagération).

Reste donc 447 millions de juifs qui ont disparu…
 
Où ont-ils disparu ?
S'ils ne font pas partie de ceux qui ont été massacrés, où ont-ils disparu ?
Ils ont été tout simplement, et hélas, assimilés.

Comment un juif pieux et orthodoxe peut-il s'assimiler ?
Réponse :
D'habitude, il ne s'assimile pas (je ne parle pas de cas particulier car il y a toujours des exceptions).
En général lui est pieux, son fils l'est un peu moins, son petits-fils, encore un peu moins et ses arrières petits-fils, plus du tout et s'assimilent.
Regardez autour de vous et vous verrez que je ne parle pas d'une fiction mais que je décris une réalité hélas quotidienne.
Quelle famille juive est heureuse de voir un de ses enfants épouser un non-juif ou une non-juive ?
C'est une vraie tragédie !

Personnellement, je n'ai pas de désir plus grand dans ma vie qu'empêcher ce phénomène qui est la cause principale de la perte de notre peuple.

Parlons à présent du mouvement réformiste qui est un exemple éloquent du danger que constitue une même très petite déviation (préméditée) de la halakha.

Il y a environ un siècle et demi, certains juifs pratiquants orthodoxes ont voulu mettre de l'orgue à la synagogue le lundi et le jeudi ; pas le Chabbat, ‘has véchalom, mais en l'honneur de la Torah qu'on sort les lundis et jeudis, on joue un petit morceau d'orgue.
Les grands de la Torah ont refusé.
Ces juifs ont demandé pourquoi, où est-il écrit dans la Torah qu'on n'a pas le droit de jouer de l'orgue le lundi et le jeudi à la synagogue ?
Les rabbins ont répondu que c'est une coutumes des goyim, et nous ne voulons pas ressembler aux goyim.
Ces juifs n'ont pas été convaincus par cet argument et ont dit que finalement, il n'était pas si grave de jouer de l'orgue à la synagogue.
Ils n'ont pas écouté les grands de la Torah… et peu à peu, s'étant distancés de la direction spirituelle du peuple d'Israël que représentaient ces grands de la Torah, ils ont commencé à alléger leur pratique dans différents domaines.
D'abord ceux que la halakha tolère tout juste,
ensuite ceux qui ne sont que des décrets de rabbins,
puis carrément des interdit de la Torah...

Je me souviens comment, il y a une vingtaine d'année, j'avais lu dans la première page du journal « Le Monde » que le mouvement réformiste américain avait autorisé le mariage entre lesbiennes, toujours avec la même argumentation que cet interdit n'est pas écrit dans la Torah.

Effectivement, c'est ‘Hazal qui ont expliqué que cet interdit figurait dans la Torah de façon cachée et il fallait l'interprétation de ‘Hazal pour le comprendre, chose que ce mouvement réfute (la relation entre lesbiennes est interdite par la Torah par le verset de Vaïkra, chapitre 18, verset 3 :

« Les pratiques du pays d'Égypte, où vous avez demeuré, ne les imitez pas, les pratiques du pays de Canaan où je vous conduis, ne les imitez pas et ne vous conformez point à leurs lois. »).

Je ne veux pas m'étendre sur ce phénomène, mais comme je l'ai écrit plus haut, une petite analyse de la réalité montre clairement qu'une petite déviation de la halakha, préméditée et acceptée comme permise amène dans la majorité des cas une assimilation en quelques (très peu) générations.
 
Donc si nous voulons sauver notre peuple de l'assimilation, nous devons bien définir ce qui est considéré comme compatible avec la halakha et ce qui en dévie.
 
Dans votre message, vous dites :
« Ne soyez pas un adepte de la « pensée unique », c'est la base même du Talmud et du judaïsme de condamner cela. »

Effectivement, le Talmud est essentiellement des discussions entre des grands de Torah ; il y a des divergences d'opinion et en cela est la richesse du judaïsme.

Mais… Il y a divergence et divergence.
J'imagine que vous concédez comme moi qu'autoriser le mariage entre lesbiennes par la Torah est un non-sens.

Que diriez-vous de l'orgue dans votre synagogue ?
Est-ce un non-sens aussi ?
En deux mots : Où est la limite ?

Que pouvons-nous accepter, que devons-nous refuser ?
Vous concéderez comme moi qu'on ne peut pas, au nom de la pensée unique, dire que toute personne se considérant juive l'est, et que chaque « halakha » qu'elle prétend être ordonnée par la Torah l'est forcement.

Dès ce moment, les chrétiens sont juifs ; ils se prétendent d'ailleurs plus juifs que nous, Israël par l'esprit alors que nous ne sommes Israël que par le corps.
Et si vous me dites qu'ils ne sont pas juifs, je pourrais vous taxer d'être partisane de la pensée unique.
Or nous sommes bien d'accord j'espère qu'ils ne sont pas juifs, et qu'ils sont hors-Torah.

Donc je repose ma question :

Où se trouve la limite ?

Prenons un exemple on ne peut plus actuel :
Le monde orthodoxe préconise que les femmes n'étudient pas la Guemara (voir le PS de cette réponse) ; le mouvement moderne orthodoxe l'autorise ; le mouvement massorti autorise aux femmes de porter le talith et les tefillin ; le mouvement réformiste a des femmes rabbins, des prières en mixité, certains convertissent des candidates à la conversion dans une piscine, et enfin certains autorisent le mariage entre lesbiennes (j'avoue ne pas connaître précisément les nuances entre chaque mouvement, mais le principe reste le même).

TOUS le font au nom de la halakha.

Pensez-vous sincèrement et honnêtement que tous sont légitimes ?
Si vous êtes d'accord avec moi que non, je répète la question :
Où se trouve la limite ?

A chaque limite que vous choisirez, je répondais que vous êtres une adepte de la pensé unique : de quel droit n'êtes vous pas tolérante avec ceux qui ne pensent pas comme vous ?
Si on ne comprend pas que cet argument de pensée unique est faux, on légitime tous les mouvements du judaïsme qui comme la réalité l'indique sont des portes ouvertes à l'assimilation (vous trouvez plus de détails ici grâce à une étude faite à ce sujet).

La réponse à cette question, où se trouve cette limite, est la suivante :

Comme dans tous domaines, quand on a une question, si on désire recevoir la réponse la plus pointue et la plus juste, on fera référence au plus grand spécialiste dans ce domaine.
Dans le monde de la Torah, il s'agit des plus grands talmidé ‘hakhamim.
Bien que cette chose semble être d'une logique enfantine, étant donné qu'il semblerait qu'il y ait une incompréhension par beaucoup de cette réalité, je vais tenter de le prouver.

D'abord, d'après plusieurs commentateurs, cela est écrit clairement dans la Torah écrite, Parachat Choftim, dans Dévarim, chapitre 17, versets 8 et 9 :

« - Si tu es impuissant à prononcer sur un cas judiciaire, sur une question de meurtre ou de droit civil, ou de blessure corporelle, sur un litige quelconque porté devant tes tribunaux, tu te rendras à l'endroit qu'aura choisi l'Éternel, ton D. ;
- tu iras trouver les pontifes, descendants de Lévi, ou le juge qui siégera à cette époque; tu les consulteras, et ils t'éclaireront sur le jugement à prononcer. »

Cela signifie que si on ne sait pas comment agir selon la Torah, on va consulter les juges de notre époque ;
et dans le verset 11 il est écrit :

« Selon la doctrine qu'ils t'enseigneront, selon la règle qu'ils t'indiqueront, tu procéderas; ne t'écarte de ce qu'ils t'auront dit ni à droite ni à gauche. »

Cela signifie qu'Hachem, dans sa Torah écrite nous donne les limites du droit à la divergence.
Tant qu'il s'agit des juges de notre époque, c'est-à-dire ceux qui sont aptes à juger d'après la Torah quelle loi le peuple doit adopter, on reste dans le cadre de la Torah.

D'après la Torah écrite, eux et eux seuls sont à même de de codifier la Torah, quitte à ce qu'ils soient en divergence d'opinion entre eux, ils restent néanmoins dans le cadre de la Torah ; mais toute autre personne n'étant pas considéré comme juge par la Torah ne pourra pas voir son avis accepté, car n'ayant pas la valeur des juges de notre époque, il n'a pas à codifier la Torah.

Il est vrai que pas tous les commentateurs expliquent ainsi le sens de ce verset, mais tous sont d'accord avec les paroles de la Guémara, traité Bava Kama page 41b, Rabbi Chimon Ha-Amsoni expliquait le sens du mot « ète » qui est écrit dans la Torah.

Voici un extrait d'une de mes réponses à ce sujet :

Ainsi, il commença à expliquer le sens de chaque apparition de cette préposition.
Arrivé au verset « Ete Hachem élohékha tira », tu auras la crainte de l’Éternel ton D., il se rétracta de toute sa thèse, argumentant qu'il n'y a rien qu'on puisse craindre comme Hachem, rien qu'on puisse prétendre être le sens du mot ète, chose qui serait comparable à Hachem.
Rabbi Akiva est venu en reprenant la thèse de Rabbi Chimon Ha-Amsoni et a expliqué qu'il y a une chose comparable (toutes proportions gardées) à Hachem : Le talmid ‘hakham.

C'est-à-dire que nous n'avons pas de référence plus crédible pouvant définir la volonté divine.
Ces personnes et ces paroles sont écrite pas Rabbi Akiva qui, comme l'explique le Midrach, était plus grand que Moché Rabbénou aux yeux de ce dernier.

Maintenant, il est clair que parmi les talmidé ‘hakhamim, il y a aussi des degrés différents :

Un petit talmid ‘hakham reconnaîtra l'autorité et la grandeur d'un talmid ‘hakham plus grand que lui, et tous reconnaîtrons les 3 ou 4 talmidé ‘hakhamim qui sont au sommet de la hiérarchie par leur grandeur en Torah.

Toute personne honnête peut facilement reconnaitre qui sont les grands de la Torah :
Il existe des milliers de talmidé ‘hakhamim ; parmi eux, quelques dizaines qui savent le Talmud par cœur ; et parmi eux, il y en a quelques uns qui savent 10, 30, 50 fois plus, ou voir peut-être même 100 fois plus… et il y a pour finir 3 ou 4 noms qui sont reconnus par tous comme étant supérieurs à tous les autres.

Ce sont les grands de la Torah du monde orthodoxe.

Il m'est difficile d'exprimer leur grandeur en Torah.

Je peux dire sans aucune exagération qu'ils ont bien dix milles fois plus de connaissances en Torah que moi-même ; il m'est impossible de comprendre comme un être humain peut savoir autant avec autant de profondeur.

Un autre point doit aussi caractériser le Talmid ‘hakham :

Sa sainteté, son service divin, son comportement irréprochable, ces choses qui donnent une dimension quasi surnaturelle à ces hommes.
La majorité (certains tentent de le cacher) des grands de la Torah actuels ont le roua'h hakodech (un esprit de clairvoyance) :
Ils voient de choses que le commun des mortels ne voit pas.
Et encore, ce n'est pas tout, le Rav Ben Tsion Aba Chaoul Zatsal m'a dit « voir, ce n'est pas difficile ; changer, c'est beaucoup plus difficile ».

Ils ont une force de prière extraordinaire, et nous avons souvent vu chez eux se réaliser les paroles du Talmud « Tsadik gozère vé Hakadoch Baroukh Hou mékaïèm », un juste décrète et D. exécute, des faits hors-nature.

Vous verrez que nulle part dans le monde, et nulle part dans tous les mouvements que je critique, on pourra trouver pareille chose, de façon si constante.

Un point supplémentaire :

Outre la grandeur en Torah et la grandeur en sainteté, il y a aussi la connaissance profonde des secrets de la Torah.
Ces choses ne font pas partie de la kabala qu'on peut trouver sur Internet ou dans les livres en librairie ; il s'agit d'une vraie connaissance transmise que par des initiés à des initiés.

Qui parmi ces mouvements que je critique ont reçu cet enseignement ?
J'ai essayé dans ces quelques lignes de mettre en relief ce qu'est un grand de la Torah, qui sont les talmidé ‘hakhamim dont parle Rabbi Akiva, qui sont les garants de la halakha, et je n'ai pu montrer qu'une petite partie de l'iceberg.
Ces talmidé ‘hakhamim n'ont pas vu le jour comme ça ; ils font partie d'un monde qu'on appelle le monde de la Torah, le monde des Yéchivot où, bli ayin hara, des dizaines de milliers de juifs étudient la Torah jour et nuit.

Leur vie ne se résume qu'à cela :
Torah, Torah, Torah !

Ils mangent pour la Torah, ils dorment pour la Torah, ils se marient pour la Torah et ils font des enfants pour la Torah
Hazal ont dit : parmi 1000 qui rentrent dans les Yéchivot, 1 devient un maître.

Chaque esprit honnête comprendra que c'est dans ce monde que se trouve la Torah et que se trouvent les maîtres.
Ces choses sont tellement évidentes que je n'aurais pas dû les écrire ; il semblerait qu'on n'arrive pas à comprendre qu'en Torah aussi on doit agir comme en médecine : quand on a un problème médical et qu'on a besoin d'un avis pointu, on va voir les plus grand spécialiste ; ici de même, et ce sera la même chose dans tous les domaines : sciences, musique, économie, et même cordonnerie…

Comment se fait-il que pour la Torah, qui est le message de D., on se permettrait de reconnaitre comme référence des personnes qui ont un niveau de Torah bien inférieur à celui des grand de la Torah dont je parle ?
(bien que dans certains mouvements on trouvera certes des talmidé ‘hakhamim, mais il n'y a aucune commune mesure entre eux et les grands de la Torah)

Comprenez bien que le droit à la différence existe :
Bien que la pensée unique des grands de la Torah fasse front commun contre tous les mouvements que j'ai cités, elle reste néanmoins extrêmement riche en divergences d'opinions.

Si on considère que les grands de la Torah sont aujourd'hui le Rav Ovadia Yossef Chalita, le Rav Aharon Leib Steinmann Chalita, le Rav 'Haïm Kanievsky Chalita (ce sont les trois tops), il est clair je pense qu'ils n'y a pratiquement aucune décision hilkhatique dans laquelle le Rav Ovadia Yossef Chalita et le Rav 'Haïm Kanievsky Chalita par exemple soient d'accord…
Ils sont presque toujours en divergence d'opinion et en cela se trouve la richesse de notre Torah, mais il est clair que tous feront front commun contre ceux qui veulent s'insurger contre notre loi orale qui garanti notre pérennité.
Dans cette mesure, chaque personne qui a un minimum d'amour de son peuple doit comprendre le danger que constituent ces mouvements.

Je pense avoir répondu au point de votre message concernant la pensée unique et au droit à la divergence d'opinion.


Vous me citez les paroles du Rav Yaacov Ariel au nom du Rav Moché Feinstein, vous apportez beaucoup d'eau à mon moulin.

Sur le lien que vous m'avez transmis, le Rav Yaacov Ariel dit au nom du Rav Moché Feinstein Zatsal « que si une femme veut mettre le talith léchèm chamaïm (de façon désintéressée), elle peut le faire, mais que d'habitude, une femme qui agit ainsi le fera de façon discrète ; par contre, si son intention est de protester, de manifester et d'utiliser le talith pour exprimer ses opinions différentes imaginaires, il faut l'empêcher de transformer la synagogue en Hyde Park. »
Donc je pense que dans le cadre notre débat, c'est-à-dire des femmes qui mettent le talith au Kotel de façon publique en signe de protestation contre le judaïsme préconisé des grands de la Torah, le Rav Yaacov Ariel est tout à fait d'accord que cela est interdit, mais pour bien préciser ce qu'il dit, je vais citer des passages de la responsa du Rav Moché Feinstein Zatsal à laquelle il fait référence.

Il s'agit de la téchouva dans Igrot Moché, Or ha'haïm tome 4, chapitre 49 :
«
D'abord, nous devons savoir qu'un des principes de base de notre foi est que toute la Torah écrite et orale a été donnée par D. Lui-même au Har Sinaï par l'intermédiaire de Moché Rabbénou et qu'on n'a pas le droit d'en changer ne serait-ce qu'un kots (une petite partie de lettre), que ce soit dans le laxisme ou dans la rigueur (...)

Il en résulte que lorsque la Torah a désengagé les femmes de l'obligation de pratiquer les lois positives dépendantes du temps, il s'agit d'une ordonnance qui est et de la loi écrite, et de la loi orale. C'est-à-dire que les rabbins ont compris qu'il n'y a pas lieu de les obliger à faire ces mitsvot étant donné que la loi écrite elle-même les en dispense, et ce pour les raisons que la Torah écrite les en dispense.

A part les raisons (profondes) inconnues par le commun des êtres humains et même par des grands talmidé ‘hakhamim qui auront l'obligation de croire qu'Hachem a de très grandes raisons de les ordonner, et il y a aussi des raisons connues : toutes les femmes ne sont pas riches et elles ont donc la charge de l'éducation de leurs enfants qui est une des œuvres les plus importantes aux yeux d'Hachem et de la Torah (…)

C'est pour cela que même si les styles de vie changeront dans le monde, même pour toutes les femmes, que ce soit pour les riches ou pour celles qui peuvent donner leurs enfants à d'autres personnes pour les éduquer, ce n'est pas pour autant que les lois de la Torah changeront, ni celles des rabbins, et aucun combat, aucune puissance pourrait le faire, même si le monde entier en décide ainsi.

Et les femmes qui s'entêtent et veulent se battre pour changer cela sont des kofrot baTorah (hérétiques), comme cela est écrit dans les écrit de Maïmonide, chapitre 3 de Hilkhot Téchouva, alinéa 8 :

Trois sont appelé kofrim (hérétiques) :

- Celui qui dit que même un seul mot qu'a dit Moché, il l'a dit de lui-même (et non par ordonnance de D.)
- Celui qui ne croit pas à l'explication orale de la Torah
- Celui qui dit que le Créateur a changé une mitsva
Tous ces trois sont appelés kofer baTorah (hérétiques) et leur sentence est qu'ils n'ont pas part au olam haba (au monde à venir).

Et bien que l'expression de Maïmonide soit :

« Celui qui dit que le Créateur à changer une mitsva », il est évident que cela inclut à plus forte raison celui qui dit que des êtres humains ont le droit de changer une mitsva, car par ces paroles, il signifie que la Torah n'est pas éternelle, et par cela, il va l'encontre de plusieurs versets affirmant qu'elle l'est.

Il est vrai que les femmes ont le droit de faire des mitsvot que la Torah ne les a pas obligées à faire et qu'elles ont un mérite à les faire, et aussi, d'après l'avis du Tossfot, elles ont le droit de faire la berakha sur ces mitsvot, comme nous en avons la coutume (cette coutume concerne les ashkénazes mais pas les séfarades, n.d.t) et ainsi, elles pratiquent les mitsvot de chofar, de loulav, et elles feront la berakha.

Il en résulte, qu'en ce qui concerne les tsitsit, une femme qui veut porter un habit différent que celui que portent les hommes, qui aura 4 coins et qu'elle veut y mettre un tsitsit, peut le faire.

Concernant les tefillin, comme l'aura écrit le Tossfot Erouvin page 96a commençant par le mot Mikhal, il faudra protester et les empêcher de les mettre…
Il est évident que cela ne concerne qu'une femme dont l'âme la pousse à pratiquer cette mitsva, bien qu'elle n'en a pas été ordonnée, mais étant donné que dans notre cas, elles ne le font pas dans cette optique mais en tant que protestation contre Hachem béni soit-Il et sa Torah, il n'y a aucune mitsva en cela, au contraire, il y a en cela un interdit, l'interdit de kéfira (hérésie) car elles pensent qu'il y a moyen de changer les lois de la Torah et en cela elles font une action grave.
»

Le Rav continue en expliquant qu'il faut bien expliquer aux femmes qu'elles ne sont pas dénigrées parce qu'elles n'ont pas le droit à ces mitsvot, mais qu'elles ont une place aussi importante que celle des hommes et il conclut en écrivant à son interlocuteur :
«
Tu dois donc être fort et puissant, comprendre qu'il s'agit ici d'une loi de la Torah, et protester contre ces femmes qui après qu'on leur ait expliqué ces choses-là, s'entêteront malgré tout dans leur opinion mécréante, afin qu'elles ne changent aucune des coutumes sacrées du peuple d'Israël.
»

Je crois que ces paroles parlent d'elles-mêmes et qu'elles expriment exactement ma position.

Merci de m'avoir ramené l'entremise du Rav Yaacov Ariel à lire cette responsa du Rav Moché Feinstein Zatsal.

J'ajouterai, pour préciser ce que dit le Rav Yaacov Ariel, que le Rav Moché Feinstein Zatsal n'a autorisé le port du tsitsit que sur un habit que les hommes n'ont pas l'habitude de porter, c'est-à-dire qu'il faut bien qu'elles prennent un habit de femmes et qu'elles y mettent des tsitsit, ce qui n'est pas du tout le cas d'un talith habituel.

Et j'ajouterai aussi que le Rav Yaacov Ariel n'a autorisé une femme à le faire que si elle le fait léchèm chamaïm, c'est-à-dire de façon tout à fait désintéressée, uniquement par l'amour de la mitsva.

Et je me permets d'ajouter que c'est une chose extrêmement rare qui ne concerne que des grandes grandes Tsadkaniot, je ne sais pas si nous même sommes capables de faire une mitsva entièrement léchèm chamaïm, de façon totalement désintéressée.

En conclusion :
Nous voyons bien que le Rav Moché Feinstein Zatsal dit qu'il est très grave de vouloir changer les coutumes du peuple d'Israël car elles font parties de la loi orale et que tous les opposants à la loi orale ont un statut de kofrim (hérétiques), D. nous en préserve.

On m'a dit que beaucoup de gens ont réagit sur les sites des mouvements que j'ai condamnés :
Je comprends très bien la protestation, car par mes paroles je remets en cause toutes leur façon d'agir, mais que faire ?
Comme le dit le Rav Moché Feinstein Zatsal, le monde entier peut s'unir contre la Torah, elle ne changera pas…

La halakha reste l'apanage des grands de la Torah car si on dépasse les limites de leurs paroles, on entre déjà dans le cadre de la kéfira (hérésie), D. nous en préserve !
Si vous n'êtes pas d'accord avec une chose que j'ai dite, je serais très heureux de vous répondre dans le cadre d'un débat courtois dirigé selon une argumentation juste.

Au revoir,
Rav Ron Chaya

PS :
Si déjà vous citez le Rav Moché Feinstein Zatsal via le Rav Ariel, je ne peux pas m'empêcher de citer une réponse qu'il donne concernant la mauvaise coutume que veulent autoriser les mouvements ennemis du peuple d'Israël, tels que les modern-orthodoxes, d'enseigner la Guémara aux femmes.

Le Rav Moché Feinstein Zatsal, dans Igrot Moché, Yoré Déa, Tome 3, chapitre 87, interdit non seulement l'enseignement de la Guémara, mais également celui de la Michna, chose qu'a priori on aurait pu autoriser beaucoup plus facilement.
Il n'amène qu'un seul argument, qui normalement devrait convaincre les dirigeants de ces mouvements qui adorent citer Maïmonide ; il cite les paroles de ce dernier dans Hilkhot Talmud Torah, chapitre 1, alinéa 13, interdisant d'enseigner la loi orale aux femmes ; le Rav Feinstein explique qu'il s'agit des Michnayot aussi (donc à plus forte raison la Guémara).

Donc si nous voyons que les grands de la Torah de notre génération, tels que le Rav Moché Feinstein Zatsal, et le grand Maïmonide l'interdisent, sur qui les dirigeants de ce mouvement se basent-ils pour autoriser même l'étude de la Guémara ?!, si ce n'est sur leur propre opinion (se basant souvent fallacieusement sur des écrits de décisionnaires dont l'avis a été rejeté de la halakha par les grands de la Torah des générations antérieures ou de la génération actuelle), qui bien sûr ne fait pas le poids face aux grands de la Torah, garants de notre pérennité.

Je pense qu'aucun argument au monde ne peut contrecarrer cette vérité.

Et je le répète : Notre ennemi unique reste l'assimilation.

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Réséda, Vendredi 10 mai 2019

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Citation du jour

""Une pièce dans une cruche se fait entendre, mais quand la cruche est pleine, on ne l'entend plus" "

(Baba Métsia 85a)