Si une personne, dont on sait qu'elle est pauvre, nous doit de l'argent, de plus on sait qu'elle ne pourra pas nous rembourser vu sa situation, peut on renoncer a cette argent et alor le considerer comme maasser? par example si j ai preter 10000 sheikel a un ami ya 10 ans, et que je sais que cet ami est pauvre et qu il ne peut pas me rembourser, mais je n'ai toujour pas desespere qu'il me rembourse, esperant qu'il s'enrichisse un jour, puis-je lui dire que chaque moi sa dette se reduit de 1000 sheikel, cette somme corespondant a mon maasser? ou faut-il voir en cela un stratageme vicieux pour m'exempter de donner le maasser?
Chalom,
Si on a prêté de l’argent à quelqu’un, et que cette personne est pauvre et n’a pas les moyens de nous rembourser à temps, on pourra lui pardonner sa dette et compter cet argent comme du maasser qu’on aurait donné, mais à cela, il faut quelques conditions, à savoir :
1) D’après certains décisionnaires (le Chakh, chapitre 257 de Yoré Déa, alinéa 12), on ne permet cela que si, lorsqu’on a effectué le prêt, on pensait qu’en cas de non remboursement, on pourrait se faire rembourser du maasser.
D’autres (Le Noda BéYéhouda, Tanina, chapitre 199) écrivent que même si on n’a pas posé cette condition, on pourra agir ainsi.
Le Rav Moché Feinstein Zatsal, dans son chout Iguerot Moché, Yoré déa, tome 1 chapitre 153, mentionne cette discussion entre les décisionnaires et tranche que si on n’a pas dit qu’on prenait sur nous la mitsva de donner le maasser bli néder, étant donné qu’il s’agit d’un vœu de la Torah, d’un néder déoraïta, on ne pourra pas se faire rembourser par le maasser. Par contre, si on a dit qu’on prenait sur soi, bli néder, de donner le maasser, alors on pourra se faire rembourser par le maasser.
Néanmoins, on voit de grands décisionnaires, tel que le Rav Chlomo Zalman Auerbach Zatsal (on peut lire sa réponse dans le livre de Ora’h Tsédaka, page 328), le Chout Yaskil Avdi, Yoré Déa, tome 1, chapitre 13 alinéa 2.2, le Chout Beit Din Chel Chlomo, Yoré Déa Chapitre 1 dans hilkhéta psikta, alinéa 16) l’autorise sans condition, c'est-à-dire même si on n’a pas dit bli néder à propos de la mitsva de maasser.
Mon conseil est le suivant :
Si jamais vous avez bien dit bli néder, que vous preniez sur vous la mitsva de maasser, il n’y a aucun problème.
Si par contre vous n’avez pas dit cela, le mieux serait de faire hatarat nédarim à propos de la mitsva de maasser et de dire ensuite que dorénavant, vous donnerez le maasser, bli néder, ainsi, de tous les avis, vous pourrez le faire.
2) Si l’emprunteur est dans une situation telle qu’il n’y a aucun moyen qu’il rende l’argent, par exemple, s’il a fait faillite, on considèrera alors que cet argent est perdu, et dans cette mesure, on ne peut pas le rembourser du maasser.
3) Si l’emprunteur s’est enrichi, n’ayant plus le droit au maasser car il n’est pas pauvre, on aura plus le droit de se faire rembourser par le maasser. Idem si l’emprunteur est mort, D. nous en préserve.
4) Si le préteur s’est fait une raison, se disant qu’il est clair que plus jamais il ne reverra cet argent, cet argent est considéré comme perdu et on ne pourra pas se le faire rembourser par le maasser.
Au revoir,
Rav Ron Chaya



