Question de Sanve du Mercredi 15 mai 2019

Je croyais que lorsqu’on faisait des berakhot il fallait faire haetz avant haadama, mais j'ai vu que ce n'est pas si clair...
,

Bonjour,
J’aurai une question quand la réponse concernant la berakha des fruits.

Il me semble avoir compris que si nous avions fait haadama sur des framboises, il fallait faire haetz pour des pommes par la suite. Mais je croyais que lorsqu’on fait des berakhot il est important de faire haetz avant haadama car celle de la terre couvre celle des arbres.

Pourriez-vous m’éclairer s’il vous plaît.
Merci

,

Chalom,

Tout d’abord, concernant le fait que vous disiez qu’on récite la berakha haèts avant haadama parce que cette dernière couvre celle des arbres, ceci est inexact.

  • On récite d’abord haèts avant haadama car il est mieux de réciter en premier lieu une berakha de meilleure qualité avant une autre de moindre qualité.

    • Une berakha est de meilleure qualité lorsqu’elle est plus spécifique.

      Par exemple :

      • Le mieux est la berakha mézonot car elle concerne toutes les céréales,
        donc des aliments d’un très haut niveau vis-à-vis de leurs apports nutritifs.

      • Ensuite, on récite haguéfen car il s’agit d’une berakha plus spécifique qui ne concerne que la vigne.

      • Puis haèts,

      • haadama

      • et enfin chéhakol.

  • Cela est valable en temps normal, mais cet ordre de priorité n’est pas obligatoire.

    • Il est bien d’agir ainsi, mais si quelqu’un souhaite d’abord réciter haadama par exemple sur des radis parce qu’il veut les consommer avant des pommes, il peut très bien le faire.

    • Même s’il comptait manger les deux simultanément, il est mieux qu’il récite haèts avant haadama mais ce n’est qu’un mieux, et s’il a fait le contraire, ce n’est pas grave.

Lorsque vous dites que la berakha haadama couvre celle des arbres, cela n’est valable qu’après coup, c’est-à-dire dans un cas où on s’est trompé.

Par exemple :

  • Si quelqu’un a dit haadama sur une pomme,
    il en est acquitté car tous les fruits de l’arbre sortent aussi de la terre, donc il n’a dit aucun mensonge.

  • En revanche, s’il a dit haèts sur un radis,
    c’est un mensonge car aucun arbre ne donne des radis, donc il s’agit d’une bénédiction récitée en vain. 

Si on a des radis et des pommes devant nous et qu’on récite haadama sur les radis sans rien penser en particulier, il est clair que les pommes ne sont pas acquittées.

Il faut bien comprendre cela :

  • Lorsqu’on dit haadama sur des légumes, cela n’acquitte pas les fruits à proximité.

  • Ce n’est que lorsqu’on a l’intention claire d’acquitter aussi les fruits par la berakha haadama que cela fonctionne,
    bien qu’il ne s’agisse pas de la berakha adaptée aux fruits.

  • Mais il ne faut pas agir ainsi car on doit d’abord réciter haadama sur les radis puis haèts sur les fruits.

    • Il est vrai que selon l’ordre de priorité, il est mieux de réciter haèts avant haadama, mais comme je l’ai dit, si on veut consommer des radis avant des pommes, on peut très bien dire haadama puis haèts.

    • Même s’il comptait manger les deux, et donc dans ce cas, il aurait été préférable qu’il dise d’abord haèts, s’il s’est trompé en disant haadama sur les radis en premier, ce n’est pas grave.

  • Il n’a certes pas suivi l’ordre de priorité, mais la berakha haadama récitée n’a en aucun cas acquitté les fruits.

    • Ce n’est que si on avait l’intention précise d’acquitter les fruits en récitant haadama qu’ils sont effectivement acquittés, même s’il ne faut pas agir ainsi comme je l’ai dit.

Tout ceci concernait votre affirmation selon laquelle la berakha haadama couvre celle des arbres.

Ceci étant dit, au sujet de la réponse dont vous parlez, j’ai expliqué quelque chose de beaucoup plus compliqué.
Cela ne concerne que les fruits ou légumes à propos desquels il y a un doute quant à la nature de leur berakha :

  • S’agit-il de fruits de la terre (haadama)
    ou
  • des arbres (haèts) ?

Il existe en effet des fruits et légumes de ce type.

La question qui a été posée concerne les baies telles que les groseilles, les myrtilles, les framboises etc.

  • On peut inclure encore beaucoup d’autres fruits et légumes concernés par le doute précité.

    • Par exemple, c’est le cas de la papaye.
      Bien que ce fruit provienne d’un très grand arbre, le tronc de ce dernier est creux, donc selon certains décisionnaires, la berakha à réciter sur une papaye est haadama.
      Il s’agit donc d’un doute.

    • Idem pour la banane car l’arbre dont elle provient est détruit durant l’hiver et ne repousse qu’à partir d’un résidu de racine.

    • Même chose pour les fruits de la passion, les sésames, l’ananas, les aubergines etc.

  • Il existe donc un doute dans la halakha pour savoir s’ils sont considérés comme des fruits ou des légumes.

Dès lors, pour être certain de réciter une berakha valable, étant donné que haadama acquitte toujours haèts, on récite haadama.
Et même s’il s’avère qu’en vérité, au Ciel, leur berakha est haèts, vu qu’on reste dans le doute ici-bas, on ne prend aucun risque car si leur berakha n’est pas en réalité haèts et qu’on la récite, on prononce une berakha lévatala.

Par contre, même s’il s’avère que la véritable berakha au Ciel est haèts et qu’on récite haadama, le fruit ou le légume est acquitté car la berakha haadama couvre celle des arbres comme vous l’avez dit.
Donc dans tous les cas où il y a un doute pour savoir si la berakha à réciter sur ce type de fruits ou légumes est haadama ou haèts, on récite haadama.

Qu’ai-je ajouté ?

  • J’ai simplement dit qu’il fallait faire attention sur un point.

Je vais expliquer, c’est un peu complexe.

  • Si on a devant nous des pommes et des poires et qu’on a récité haèts sur une pomme,
    il est clair que les poires ont été acquittées par cette berakha.

    • Bien qu’on ne pensait pas précisément à acquitter celles-ci, cela est valable tant qu’on n’a pas eu une pensée contraire telle que :

      • « Par cette berakha, je compte acquitter seulement cette pomme et pas les poires ».

    • Donc si on récite haèts sur une pomme de façon générale sans penser précisément à quelque chose, c’est-à-dire qu’on ne pense ni acquitter les poires, ni à ne pas les acquitter, doit-on réciter une nouvelle fois haèts sur une poire ?

      Non, car la berakha haèts acquitte tous les fruits de l’arbre qui se trouvent devant nous. 

Corsons encore un peu les choses :

  • Si on a devant nous des poires et des pommes et qu’on a récité par erreur haadama sur une pomme, les poires sont-elles acquittées ?

    • Oui, car vu qu’on comptait les manger, qu’elles étaient devant nous et qu’on a récité haadama sur une pomme dont la berakha est normalement haèts,
      alors étant donné que la berakha haadama acquitte haèts, on a acquitté tous les fruits se trouvant en face de nous.

    • Il ne s’agit pas du cas susmentionné du radis et de la pomme où si on récite haadama sur le radis, alors la pomme n’est jamais acquittée, sauf si on pensait spécifiquement cela (ce qu’il ne faut pas faire a priori parce qu’il faut réciter aussi bien haadama sur le radis que haèts sur la pomme).

    • Ici, il s’agit d’un cas où il y a deux types de fruits, des pommes et des poires, et où on a récité haadama sur une pomme.

  • Dans un tel cas de figure, on ne récite pas haèts sur une poire par la suite car de même que la berakha haadama a acquitté la pomme, elle a aussi acquitté tous les fruits qu’on comptait manger, c’est-à-dire les poires dans cet exemple. 

À présent, revenons-en à ce que j’ai dit dans ma dernière réponse :

Si on a devant nous des framboises (un fruit à propos desquels il y a un doute pour savoir si sa berakha est haèts ou haadama) et des pommes et qu’on a récité haadama sur une framboise,

  • s’il s’avère qu’en vérité, au Ciel, il faut effectivement réciter haadama sur celle-ci,
    alors il faut maintenant réciter haèts sur une pomme.

    • Mais le problème est qu’on ne le sait pas, donc peut-être que la véritable berakha à réciter sur une framboise est haèts.

      Comme on est dans le doute, on récite haadama, mais en faisant cette berakha, on a acquitté un fruit de l’arbre si en vérité, la bonne berakha est haèts.

  • Dès lors, si on a récité haadama avant de manger une framboise, on ne peut pas réciter haèts sur une pomme qui se trouvait à côté d’une framboise et qu’on comptait également manger.

    • Pourquoi ?
      Car peut-être qu’une framboise est considérée comme un fruit à tout égard, donc cela revient au cas précédent où on avait devant nous une poire et une pomme et où on a récité haadama sur la pomme en acquittant forcément la poire par cela.

Reprenons cet exemple en remplaçant la pomme par la framboise, c’est-à-dire qu’on a récité haadama sur la framboise et qu’une poire se trouvait à côté.

  • Si en vérité, au Ciel, la berakha d’une framboise est haèts, on a alors récité haadama à la place de haèts, donc on a forcément acquitté la poire à côté.

  • Il est vrai qu’on ne sait pas et qu’il s’agit d’un doute, mais si on récite haadama sur une framboise avant de réciter haèts sur une poire qui se trouvait à proximité, peut-être qu’on a récité une bénédiction en vain car si au Ciel, la framboise est haèts, alors lorsqu’on a récité haadama sur cette framboise,
    on a aussi acquitté tous les fruits de l’arbre qui se trouvaient à côté. 

Alors comment doit-on s’y prendre ?

  • Avant de réciter haadama sur des framboises, il faut faire attention à penser acquitter uniquement ces framboises et non pas les autres fruits à côté qui sont des fruits de façon certaine tels que les pommes, les poires etc.

  • Par la suite, vu qu’on a récité une berakha restrictive, c’est-à-dire seulement sur les framboises et pas sur le reste,
    alors ce n’est pas différent du cas où on a des pommes et des poires et qu’on décide de réciter haèts uniquement sur les pommes et pas sur les poires.

    • Dans ce cas, si on veut manger des poires par la suite, il faut réciter à nouveau la berakha haèts.

  • Donc là aussi, pour ne pas entrer dans le doute selon lequel en récitant haadama sur les framboises, on a peut-être acquitté les poires, il faut penser qu’on récite haadama exclusivement sur les framboises afin de n’acquitter que ces dernières.

  • Ainsi, même s’il fallait réciter haèts sur celles-ci, vu qu’on a prononcé une berakha restrictive en pensant acquitter les framboises seulement, si on veut ensuite manger d’autres fruits qui sont des fruits de façon certaine selon tous les avis tels que des pommes ou des poires par exemple, alors il faut réciter haèts auparavant.

Idem si on fait la berakha haèts sur la poire et qu’il y a à proximité des framboises qu’on désire manger.

  • Quand on fera la berakha sur la poire, il faut penser ne pas rendre quitte les framboises,
    • ainsi on pourra faire la berakha haadama avant de les consommer.

J’espère que ce n’est pas trop compliqué.

Au revoir,
Rav Ron Chaya

Réagir sur Je croyais que lorsqu’on faisait des berakhot il fallait

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